OPEP, le pétrole part en fumée

13 sept 2010 par A demain, Pas de commentaire »

A demain pour les 50 ans de l’OPEP

opep organisation des pays exportateurs de pétrole

L’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP ou OPEC pour Organization of the Petroleum Exporting Countries) célèbre à Vienne (Autriche) le cinquantième anniversaire de sa création. Lors de la conférence de Bagdad du 14 Septembre 1960, le Shah d’Iran et du Vénézuela, rejoints par le Koweit, l’Irak et l’Arabie Saoudite, ont décidé de protéger l’or noir qui fait la principale richesse de ces pays. En effet, la baisse du prix du pétrole des années 60, venant d’une forte concurrence entre les compagnies pétrolières anglo-saxonnes (entreprises qui s’occupaient de produire le pétrole brut, de la raffiner et de vendre les produits raffinés (par exemple le carburant) au consommateur final), ressemblait à une exploitation, plus qu’à un échange commercial. L’objectif de ce cartel est donc de « coordonner et unifier les politiques pétrolières des États membres et de déterminer les meilleurs moyens de sauvegarder leurs intérêts, individuellement et collectivement« . D’autres pays ont rejoint l’OPEP comme le Qatar, l’Indonésie, Lybie, Emirats arabes unis, Algérie, Nigéria, Equateur et l’Angola.

L’OPEP avait donc le pouvoir de jongler avec les prix du pétrole. En 1973, le choc pétrolier entraine le quadruplement des cours du pétrole en quelques mois. Mais ce premier choc pétrolier résulte surtout de la mauvaise gestion de production, qui ne pouvait plus suivre la demande pétrolière effrénée, plus que de la guerre du Kippour (prétexte politique). L’industrie pétrolière a connu une déstructuration importante avec de nombreuses nationalisations des activités pétrolières. Les gouvernements des Etats producteurs ont repris petit à petit le contrôle de la production de pétrole. Le marché financier pétrolier est ainsi né pour faire se rencontrer l’offre et la demande, c’est-à-dire les vendeurs (les Etats producteurs) et les acheteurs (les raffineurs et compagnies pétrolières). L’OPEP ne dispose plus du pouvoir de fixation des prix, ce sont les marchés de cotations à Londres et New-York. Contrôlant 77 % des réserves prouvées disponibles mondialement fin 2006 (soit environ 43% de la production mondiale), l’OPEP peut encore faire pression en ajustant sa production.

La crainte d’une pénurie de pétrole sur le marché rend le marché pétrolier et les spéculateurs nerveux. Le nucléaire innove de plus en plus, le développement des voitures électriques et des énergies renouvelables menacent le marché pétrolier d’une forte baisse de la demande, même si les futures grandes nations comme la Chine, l’Inde ou le Brésil voient leurs demandes exploser. Une seconde inquiétude vient de l’idée française de réguler les prix des matières premières au niveau international. Lors du G20 à Séoul (11-12 Novembre 2010), Nicolas Sarkozy prendra la présidence du G20 (groupe de 19 pays plus l’Union Européenne) et il veut en profiter pour soutenir son projet d’un autre système de fixation des prix et d’encadrement de la spéculation. La décision de bloquer les exportations du blé par la Russie a entraîné une explosion des cours et des problèmes en Afrique.

L’OPEP doit être visionnaire et anticiper les futures changements dans les pays occidentaux qui mettent en place leur « révolution verte ». En fêtant ses 50 ans d’existence, l’organisation semble plus proche de la fin que d’autre chose. L’or noir change de couleur…

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