[Lecture] Le chemin de l’espérance, Hessel et Morin
A demain garde espoir en l’avenir
Si la jeunesse, jugée « égoïste » et « intolérante » (sondage Ipsos-Logica Business Consulting pour Le Monde), s’indigne de jour en jour (mais ne réagit pas encore en France), les candidats pour les élections présidentielles de 2012 doivent intégrer dans leur projet politique l’aspiration des jeunes pour un nouvel avenir. Si les difficultés des crises du XXIème siècle ne touchent pas que les jeunes, leur situation semble plus difficile à vivre par rapport aux générations précédentes. Est-ce une raison expliquant les comportements égoïstes, paresseux et intolérants des jeunes ?
Indignés et engagés, Stéphane Hessel et Edgar Morin dénoncent « le cours pervers d’une politique aveugle qui nous conduit aux désastres » dans le chemin de l’espérance (Fayard). Anciens résistants, les deux intellectuels énoncent « une voie politique de salut public » et annoncent « une nouvelle espérance« . Si les jeunes cherchent un nouvel avenir et si les politiques continuent à alimenter et à se soumettre à la tyrannie du capitalisme financier, l’essai de 60 pages prône une gouvernance mondiale pour lutter contre la soumission des États et des peuples face à la Finance. Comme dans « Indignez-vous » de Stéphane Hessel, l’objectif de cet ouvrage est d’encourager les peuples à réagir et montrer que « l’impuissance mène au fatalisme, à la dépolitisation, à la démondialisation« . Or, l’isolement et la fermeture sur soi entraineraient un mal encore plus grand que celui d’aujourd’hui. Il est donc important d’avoir une autre pensée et d’autres politiques (économique, sociale, du travail, de la ville, de la campagne, agricole ou encore de la consommation) pour tendre vers une « politique du bien-vivre ».
Malgré des tendances clairement affichées, il ne s’agit pas de « proposer un pacte aux partis existants » mais de « contribuer à la formation d’un puissant mouvement citoyen, d’une insurrection des consciences qui puisse engendrer une politique à la hauteur de ces exigences« . La liste des problèmes et des maux de notre civilisation n’est pas exhaustive mais les quelques propositions pourraient être des solutions pour revitaliser la solidarité, « culturiser la modernité« , remplacer la répression par la prévention ou encore encourager la régénération.
La conclusion est que « le vouloir-vivre nourrit le bien-vivre, le bien-vivre nourrit le vouloir-vivre, l’un et l’autre, ensemble, ouvrent le chemin de l’espérance« .
Un livre facile à lire et tellement riche d’espérance.

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